ASSOCIATION pour la DÉFENSE du PATRIMOINE COMMUNAL du pays d'Annot (04240)




Armes : de gueules à une main dextre d’argent tenant un rameau de châtaignier garni de trois bogues d’or. Il s’agit des armes qu’enregistra à l’Armorial général Jacques Rabier, seigneur du Plan de Gréolières.
La famille Rabiers du Villars de l’ancienne bourgeoisie d’Annot, habituée à la judicature dès le commencement du XVIème siècle et possédant fief à Annot, Châteauredon et Saint-André-les-Alpes.

Maintenue noble en 1702 après avoir volontairement désisté ses prétentions en 1667, elle obtient son admission aux pages de la Maison du roi (1748) et à la maison royale des demoiselles de Saint-Cyr (1751).

D’après les nobiliaires du XVIIIème siècle, les Rabier seraient issus d’un Louis de Rabiers qui, sous le règne de Louis III d’Anjou, aurait chassé les troupes savoyardes de la vallée d’Annot et en fut récompensé par l’octroi de lettres d’anoblissement avec armoiries (Artefeuil).

Cette origine, non confirmée, de même que celle rapportée par l’historien Maynier (1719) qui n’hésite pas à faire descendre les Rabier d’un chevalier romain nommé Marcus Rabirius, client et ami de Cicéron !, tient plutôt de la légende que de la réalité historique.

L’auteur de la famille paraît être Christol Rabier, natif d’Annot mais qui exerçait le droit à Saint-Maximin, et aurait reçu du comte de Tende la charge de juge de Castellane (1517).

Esprit Rabier, qui pourrait être son frère, était marchand à Saint-Maximin et auteur d’une branche qui exerça en cette ville la charge de juge royal durant trois générations.

Cependant l’implantation à Saint-Maximin des Rabier pourrait être plus ancienne car nous trouvons un Orsel Rabier, notaire en ce lieu, en 1300.

De Christol Rabier serait issu Balthasar, juge de Castellane (1560), père de Gaspard de Rabier, juge et capitaine d’Entrevaux, co-seigneur de Châteauredon.

Ce Gaspard semble être le frère de Charles de Rabier, qui tenait aussi une partie de Châteauredon, ayant épousé comme lui une demoiselle de Montblanc, dont la famille avait hérité des Rascas la moitié de cette seigneurie.

De Charles est sorti un rameau fixé à Estoublon sous le nom de Rebiers. Balthasar de Rabier, seigneur de Châteauredon, fils de Gaspard, succéda à son père comme capitaine-viguier d’Annot et Entrevaux (1641).

Bien que déchargé de la taxe du franc-fief, il ne put justifier sa qualité de gentilhomme lors des premières enquêtes (1667), difficulté que résoudra son fils aîné 35 ans plus tard, au moyen sans doute de titres retouchés sur l'origine de la famille.

Balthasar eut plusieurs enfants, dont Jean, chanoine de Fréjus, et Marie qui se fit religieuse capucine à Marseille et mourut en odeur de sainteté.

Jacques de Rabier du Plan, autre frère, continua la famille. Juge d’Annot et Entrevaux (1689), il fut père de Raphaël de Rabier de la Baume de Châteauredon (1697-1774) subdélégué de l’Intendant, qui eut de deux unions quatorze enfants, dont trois fils qu’il fit entrer aux pages du roi ou de la Dauphine.

Cette charge familiale et éducative, ajoutée aux pertes de revenus causées sur ses terres par les guerres, le mit dans une situation financière difficile, l’obligeant à marier ses filles à des bourgeois, à solliciter une admission à Saint-Cyr pour la cadette, et un emploi de curé dans les colonies pour l’un de ses fils (1772).

Antoine-André de Rabier du Villars (1778-1834), petit-fils de Raphaël, maire d’Annot et sous-préfet sous la Restauration, démissionna à l’avènement de Louis-Philippe.

Son fils Octave (1813-1872) maire d’Annot et préfet des Basses-Alpes, ne laissa qu’un fils, Paul, avocat, qui mourut sans enfant. Joseph, frère cadet d’Octave, né tardivement alors que sa mère avait 44 ans, quitta la Provence pour Nantes où il s'engagea dans une compagnie maritime, et perpétua la famille sous le nom, sans particule initiale, de Rabiers du Villars.. 

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