ASSOCIATION pour la DÉFENSE du PATRIMOINE COMMUNAL du pays d'Annot (04240)




La Croix Romane

Cette croix tréflée de Saint Maurice fut datée, à l’arrêté de son classement de Monument Historique en 1928, du XIIIème siècle.

Elle est en grès local et haute de 3,5 mètres.

Sa toiture en pavillon soutenue par quatre colonnes de grès lui a permis une conservation exceptionnelle ; la hauteur de l’ensemble est de 4,60 m.

Au sommet de son "baldaquin" se trouve une sphère monolithe en grès.

Ses colonnes sont semblables à d'autres, utilisées en réemplois dans des maisons autour de l'église d'Annot, la maison des Arcades, entre autres.

Elles pourraient provenir d'un ancien cloître local, cependant, aucune archive n’en fait mention !
Ces croix couvertes sont très rares et typiques en Provence au moyen-âge. Néanmoins, l'analyse stylistique de l’Inventaire du Patrimoine régional de 2009 suggèrerait une datation de cette croix du 16ème siècle ; mais aucune certitude !

La toiture couverte de tuiles creuses est à l’évidence postérieure au 18ème siècle (époque où ces tuiles furent fabriquées dans la région).

Auparavant, le couvert pouvait être, soit de lauses de pierres, soit de bardeaux de châtaignier.

Cette croix, placée en bordure de l’ancien chemin d’Entrevaux à Colmars, au quartier des "Auches", marque l’entrée de la ville d’Annot ; elle est censée rappeler au pèlerin sa dette éternelle envers Dieu et l’Eglise romaine.

Les occasions de processions étaient nombreuses pour le clergé et les fidèles, notamment la procession du Saint Sacrement et la bénédiction des terres alentours, vouées à la culture du blé et de l’orge, ce lieu étant le grenier à blé du pays.

Le nom « les Auches » signifie d’ailleurs en langue provençale "les terres riches". Ces jours appelés "rogations" (longues processions où l’on demande à Dieu de bénir et de faire fructifier les travaux des champs) avaient lieu, dans le calendrier romain, les trois jours précédant le jeudi de l’Ascension.

Lors d’un décès, l’obligation était de s’arrêter devant la croix, de poser le cercueil sur une roche plate (toujours présente) et de réciter la prière des morts, avant de repartir jusqu’à l’église pour la cérémonie.

La Croix Romane apparaît sur le plan cadastral de 1830, sur une parcelle aride appartenant à Honoré Coste.

Située à quelques dizaines de mètres au sud d'une ancienne chapelle, Notre-Dame des Auches qui apparaît sur la Carte de Provence et de Cassini au 17ème siècle.

Cette chapelle, aujourd’hui, n’existe plus.
 

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