ASSOCIATION pour la DÉFENSE du PATRIMOINE COMMUNAL du pays d'Annot (04240)





Les "ballottes" au moyen-âge

Le système d’élection comportait une partie de nomination que le hasard se chargeait de désigner.

Le conseil de la communauté, "ensuite de l’aveu rendeu, à Aix-en-Provence, de par nos seigneurs de la souveraine Cour de Provence, du 25 août 1657", prévoyait vingt cinq élus pour Anot, dont quinze étaient de simples conseillers.

Quant aux dix autres, le Maire premier Consul, le deuxième Consul, les trois auditeurs d’Anot, l’auditeur de Rouaine, les trois estimateurs et le greffier de l’écritoire, jouissaient de pouvoirs plus étendus. Les auditeurs étaient responsables de la préparation des projets.

Le Maire premier Consul proposait et l’ensemble du Conseil opinait à voix haute, main levée à la pluralité des suffrages.

Donc, "la veille de Pâques, la cloche ayant sonné et le valet de ville (le publieur) avait parcouru tout le village au son de sa trompe et de son organe".

Après la messe de Pâques, devant la maison commune et par devant la place remplie des électeurs (chefs de famille de plus de vingt cinq ans et imposables d’au moins trois semaines de travail dans l’année, ce qui n’excluait du vote pratiquement que les mendiants), le Maire premier Consul sortant dit "vieux", placé sur l’avant du galetas tout en haut de la Mairie, pouvait ainsi haranguer le peuple et proposer à l’assemblée trois noms pour lui succéder.

À chaque appellation, répondait ou non l’acclamation des "ballottes".

Les trois noms, s’ils étaient acceptés, étaient inscrits chacun sur un papier, qui, plié, était jeté dans un chapeau ; un enfant de sept ans tirait alors au sort celui qui serait Maire et premier Consul pendant un an.

Ainsi de suite étaient élus le deuxième Consul, les quatre auditeurs, les trois estimateurs et le greffier.

Quant aux quinze autres, ils étaient nommés par les dix premiers élus et proposés un par un à l’acclamation des "ballottes".

Dans la semaine qui suivait, la première tâche du Conseil était les ventes à la chandelle aux enchères publiques des diverses charges que la communauté vendait à bail à des particuliers : trésorerie de la communauté, enseignement public, gabellerie de viandes, de fourrage, courtage des denrées alimentaires, du four communal.

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