ASSOCIATION pour la DÉFENSE du PATRIMOINE COMMUNAL du pays d'Annot (04240)





Le projet fou d'un captage du Coulomp.

Qu’en serait-il aujourd’hui de cette vallée où coulerait un filet d’eau ?


Nous avons failli connaître, à l’époque, ce scénario catastrophique !

L’intérêt de la ville de Nice pour cette source au début du 20ème siècle est dû à son extraordinaire développement : 40 000 âmes en 1870 et 150 000 en 1911 !

Un rapport est demandé au géomètre Léon BERTRAND, de l’université de Paris et les premiers jaugeages de 1911 furent affinés. En 1913, il était certain que les sources du Coulomp indiquaient un niveau moyen de 800 litres à la seconde, sur l’ensemble de l’année, soit une provision pour 500.000 habitants.

Nice avait donc projeté, en accord secret entre les collectivités locales, de capter ces sources pour son alimentation en eau potable. Les travaux d’études géologiques, hydrologiques et bactériologiques de ces sources débutèrent en 1911.

Pendant quasiment un an, le village d’Aurent connut une animation de fourmilière et une centaine d’ouvriers, techniciens et ingénieurs furent logés, nourris et blanchis au sein du village.

Messieurs les ingénieurs, en redingotes à carreaux, pantalons de golf et bottes de cuir, arpentaient la haute vallée du Coulomp.

Tout ce beau monde accompagné par le convoi de mulets, de M. ACHARD d’ENRIEZ, qui transportaient sur leurs bâts, entre autres appareils de photographies et de mesures, planches, poutres et tuyaux en terre cuite destinés à jauger la pérennité de la source.

Un déversoir de jauge fut construit en juin 1913.

La nouvelle de ce projet fit l’effet d’une bombe : le torrent asséché... !

Il y aurait de plus l’interdiction des pâturages dans ce pays moutonnier afin d’éviter toute contamination bactériologique par la présence du fumier. Une campagne de presse déchaînée, le refus de Nice de racheter 3600 hectares de pâturages et la guerre, firent que ce projet n’aboutit pas ! Les sources du Coulomp offrent à 1 338 mètres d’altitude, à une heure de marche d’Aurent par le nord, un spectacle grandiose, unique dans les Alpes avec une chute de prés de cent mètres de hauteur.

La truite du Coulomp est une truite génétiquement pure. Etudiée depuis 1982 par l’INRA, aucun alevinage externe n’est possible.

C’est une truite remarquable par sa couleur sombre, à peine piquée d’orange et sa tache noire typique sur chaque joue. Sa capture exige une pêche sportive.

Le Coulomp, entre Aurent et les Gastres offrant des vasques et des trous parfois profonds de 2,50 mètres, où il n’est pas rare de surprendre, des spécimens de 40 à 50 cm de longueur !

Dessin de Camille Damon

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