ASSOCIATION
pour la DÉFENSE du
PATRIMOINE COMMUNAL du pays d'Annot
(04240)
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postales NB
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Lecture
de carte postale
Cette
photographie date du printemps 1914.
C’était
quelques mois avant la
déclaration de guerre.
Elle
est particulièrement intéressante, car elle regroupe de
nombreux sujets de la vie courante des annotains juste après "La Belle
Epoque".
Tout
d’abord, nous trouvons plusieurs commerces :
-
Un
café où nous découvrons des clients locaux en costume de travail, soit
paysans, soit ouvriers et artisans.
-
Le
salon de coiffure, expose également des cartes postales, dont il est
l’éditeur ;
devant, nous avons le patron, M. Antoine Féraud, habillé à la mode
citadine,
ainsi que le garçon barbier en bras de chemise et gilet ; assise, la
servante, qui
repassait à la demande, au fer à braises, les serviettes chaudes pour
attendrir les
barbes dures des messieurs ; nous voyons aussi les enfants Féraud,
frère et sœur,
Roger et Paulette, dont l’habillement est identique (les garçons
portant la robe
longtemps).
-
Un
magasin de modes nous fait comprendre l’influence touristique, car les
habitants locaux ne pouvaient prétendre à des chapeaux de fantaisie,
des
colifichets, bijoux et robes du dernier cri. Devant, des clients bien
habillés,
couverts de canotiers.
-
Enfin,
la Pâtisserie Clenchard dénote également la fréquentation touristique
aisée et citadine, habituée aux desserts, biscuits, sucreries et autres
gâteaux, sans
oublier les glaces maisons avec des parfums locaux rarissimes à
l’époque,
comme les sorbets aux airelles, à la fraise des bois et à la châtaigne.
Il est
évident que les annotains ne pouvaient s’offrir tout cela, mais
préféraient
davantage leurs tartes et beignets maisons.
Un
autre détail remarquable est celui du soin apporté à la décoration des
magasins :
-
les
rideaux, vitrines et premières réclames de produits de
consommation
-
les
élégantes peintures de lettres de toutes les devantures
-
les
divers petits mobiliers, tables, chaises et fauteuils, cages d’oiseaux,
à même les
devants de boutiques, destinés à plaire à la clientèle, qui devait
patienter en
attendant leur tour pour un coup de peigne ou se faire raser chez le
coiffeur ou
de déguster une coupe de glace chez le pâtissier.
En
dehors du café, on n’imagine guère aujourd’hui un tel raffinement …
D’autres
éléments d’architecture sont à observer, tels les balcons en fer
forgés,
les marquises festonnés en tôle zinguée et les peintures en
trompe-l’œil des
fenêtres des étages.
Notons
enfin sur la légende des cartes postales, la présence des premières
subventions publicitaires (ligne du Sud de la France), qui permettaient
à de
petits commerçants locaux d’éditer des cartes postales.
Aquesto
foutougrafìo es de 1914.
Li
sian quauquei mès davans la declaracien de
guerro.
Es
majamèn causo de remarco, que recampo fòrço tèmo de la vido
vidanto deis anoutènc, passau "la Bello Epòco".
D’en
proumié, trouban quauquei negòci:
-
Uno
begudo ente se li trouboun dei chaland dóu luèc en vèsti de trabai,
siègue
dei païsan, siegue deis oubrié vo d’artisan.
-
Lou
saloun de couifage, qu’espauso parié dei carto poustalo, qu’es
l’editour ;
davans, avèn lou patroun, Moussu Antòni Feraud, vesti à la cièutadano
(coustumo de lano, camié e gravato) tambèn que lou garçoun barbejaire,
en
mancho de camié, me lou courset ; la servènto, qu’estiravo à la
demando, me lou
ferre de braso, lei servietoun caud pèr atendri lei barbo duro dei
moussu ; vian
tambèn lei pichoun Feraud Rougié e Pauleto, fraire e sorre, que
l’abihage es
parié (que lei drole pourtavoun la raubo pèr tant d’anado).
-
Un
negòci de mòdo, li fai pensa dóu biais vacancié, que leis abitaire
d’aqui noun
poudièn agué dei capèu de fantasié, dei fanfarlucho, belisso e raubo
dóu darrié
goust.
-
Davans,
dei cliènt bèn vesti, cubert de canoutié.
-
Basto,
la Pastissarié Clenchard marco tambèn la frequèntacièn dei cièutadin,
acoustuma dei dessèr, dei galeto, sucrarié, bounbounìo e pastissarié,
sens’
óublida lei glaço de sa fabrico, ei prefum mai que rare, tant coumo lei
glacet
d’aige, de frago fero vo de castagno. Seguque, leis anoutenc noun se
poudien
pourgi tout aco, mai agradavoun mai sei tarto e bigneto de l’oustau.
Un
autre detai qu’es de remarco es lou suèn de la decouracièn dei boutigo :
-
Ridèu, tenduro,
veirino e proumiéro reclamo lisqueto, tambèn que lei pinturo de
letro de touei lei devantièu que li soun.
-
Lei
pichoun moble en nouguié : taulo,
cadiero, fautuei, gàbi d’aucèu en óumarino, lou tout es estigança sus
lou
trepadou, qu’agradavo à la clièntelo, que devié espera soun tour pèr un
còp de
penche vo se faire rascla lou peu encò dóu couifour, vo encaro de se
coungousta
d’uno coupo de glaço dóu pastissié.
Leva
lou café, se pòu pas li sounja encuèi d’agué uno talo fignoulado…
D’autrei
biais que li fau remarca, coume lei balcoun en ferre farga, leis envans
de telo zingau e lei fenestro pintau en engano l’ièu eis estage.
Avès
de nouta perfins sus la legèndo dei carto poustalo, la presènci dei
proumièrei suvencièn
publicitàri (ligno dóu sud de la Franço), que permetièn ei pichoun
coumerçant
d’edita dei carto poustalo.
