ASSOCIATION pour la DÉFENSE du PATRIMOINE COMMUNAL du pays d'Annot (04240)




Les découvertes des grottes de Saint Benoît

Les collections de mobilier archéologique exposées, proviennent des fouilles menées de 1953 à 1954 par Louis Barral, Conservateur du Musée d’Anthropologie de Monaco.

Elles ont fait l’objet d’un prêt de ce Musée à la Municipalité d’Annot, afin qu’elles puissent être présentées au public dans le cadre de l’ouverture du Musée municipal d’Annot. La nécessité de remettre en lumière ces collections, à l’initiative de Jean-Louis Damon avec l’aide de Gilles Loison, archéologue et de Pierre Bonnet, a favorisé la création d’un espace qui leur sera désormais consacré et qui a pour vocation de devenir une salle dédiée à l’archéologie locale.

Provenance des collections des grottes de Saint Benoît C’est à 7 km d’Annot, après le Pont-de-Gueydan, au sortir du tunnel emprunté par la RN 208, que s’ouvrent les grottes de Saint Benoît dans un escarpement presque vertical d’environ 100m de haut.

Ces cavités se développent au sein des calcaires Lutétiens. Lors des investigations menées par Louis Barral (Barral et al.1955), celui-ci ne leur a pas attribué de nom, mais seulement un numéro d’ordre.

Il s’agit de la grotte II, de la grotte I son diverticule et de la grotte III (dite des Echelons) située à leur aplomb 22m plus haut.

Il apparaît que la grotte principale appelée grotte de Saint-Benoît, comporte trois entrées : l’entrée de la grotte elle-même, la grotte de la Lare, et la sortie des Perles.

Des premières observations aux premières investigations scientifiques Les premiers à avoir occupé ces grottes ont été les hommes du Néolithique moyen.

De nombreuses traces d'incursions ont été observées jusqu'à 288 m et 361 m de l'entrée. Quelques vestiges épars attestent également de présences au Néolithique final et au début de l’Âge du Bronze.

Au début du XIXème siècle, le docteur Feraudy d’Annot remarque de nombreux ossements humains dans la grotte de la Lare et fait part de sa découverte à M. Rabiers-du-Villars, sous-préfet à Castellane, qui visite en 1817 la grotte en compagnie de D.-J.-M. Henry, comme l’atteste la signature de ce dernier apposée au-dessus d’une date ancienne de 1649.

En 1872, Girard de Rialle, membre de la Société d’anthropologie de Paris, explore les grottes et y pratique, vraisemblablement les premières fouilles.

Plus récemment, on note également la visite de Michel Siffre le 29 juillet 1952, qui fait ici ses premières expériences de spéléologue, puis celle de l’archéologue L. Barral et de son assistant N. Rosatti le 20 avril 1953 qui reconnurent la grotte II.

La grotte III ne fut atteinte par eux que le 24 mai 1953. Les travaux de l’équipe du Musée d’Anthropologie Préhistorique de Monaco Les investigations dirigées par L.Barral, elles ont eu lieu du 18 mai 1953 au 7 novembre 1954.

Dans la grotte I, l’ordonnancement des couches avait été bouleversé par les fouilles antérieures. Néanmoins les fouilleurs ont pu constater la présence de nombreux restes osseux et humains et de pierres pouvant être des indices de probables sépultures en pierrier du Néolithique.

Le mobilier céramique recueilli fait apparaître des mélanges chronologiques. Certains vestiges appartiennent au Néolithique final, d’autres au Bronze ancien/moyen.

Dans la grotte II, les fouilleurs ont traité également des couches remaniées. Parmi les tessons de céramique recueillis, plusieurs périodes du Néolithique sont représentées : le Chasséen ancien, le Chasséen récent et le Néolithique final de type Ferrières. Cependant, une fouille a été effectuée dans les couches en place sur 50 m2, en relation avec la coupe I.

Ainsi 3 couches ont pu être distinguées : A, B et C. (la couche A étant la plus récente). Les éléments céramiques recueillis dans chacune des couches présentent de nombreux caractères du Chasséen récent, mais également des éléments plus récents, ce qui pose le problème de l’homogénéité des ensembles sédimentaires, nécessitant un nécessaire réexamen.

Dans la grotte III supérieure, dite "des Echelons", les archéologues y ont trouvé de nombreux ossements humains pris dans la calcite et des tessons épars, qui attesteraient de l’existence d’une grotte sépulcrale.

En résumé, les découvertes faites par l’équipe de L.Barral au sein de ces trois cavités, bien qu’issues de couches en grande partie bouleversées, apportent de nombreuses et importantes informations sur la présence Chasséenne de la vallée de la Vaïre, période la mieux représentée.

Les occupations semblent avoir été consacrées à des espaces funéraires, bien protégés par les difficultés d’accès, modes d’inhumation reconnue dans le Sud-Est de la France (De La Briffe, Loison, Lea, Hasler 2007).

Cette collection faite de vestiges céramiques, lithiques, osseux, est remarquable et d’un intérêt scientifique évident.

Sa présentation permettra de la porter à la connaissance de la communauté scientifique afin d’en faire un opportun réexamen.
Gilles Loison,
archéologue retraité de l’INRAP et de l’UMR 5608 du CNRS
ancien enseignant à l’Université Paul Valéry de Montpellier

 

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