ASSOCIATION
pour la DÉFENSE du
PATRIMOINE COMMUNAL du pays d'Annot
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Le
mystère du gouffre de la Beïte…
(Cent
mètres en aval du pont du Bourdon)
Jusqu’à
la fin du 19ème
siècle, les annotains se régalaient d’un crustacé d’eau douce, disparu
depuis, qui vivait dans la Beïte et procurait à nos ancêtres une
nourriture riche et rare : l’écrevisse, "lou chàmbri" en provençal.
Les
anciens ont raconté comment leurs pères pratiquaient, pour capturer ces
crustacés qui ont aujourd’hui disparu.
On
ne peut prétendre sérieusement à une pollution de la vallée de la
Beïte, restée dans l’état brut depuis toujours !
Cependant,
un événement naturel pourrait expliquer la disparition de ce petit
animal qui donna aux anciennes générations un apport alimentaire
primordial, riche en protéines et de surplus gratuit.
Nous
en reparlerons plus loin, mais en attendant, je vais m’efforcer de vous
conter le récit que m’en ont fait les anciens annotains dans les années
1960.
"On
gardait une tête de mouton ou de chèvre qu’on laissait faisander une
dizaine de jours ; on l’attachait par les cornes;
Après
quoi, on l’entortillait de lianes et de grosses ronces, relativement
distendues.
Chaque famille s’attribuait un trou d’eau (uno lòuno, en provençal);
On
y plongeait la tête que l’on laissait trois ou quatre jours;
C’est
alors qu’on venait relever cette tête, sur laquelle les écrevisses
voraces étaient venues se repaître de viande et s’étaient fait piéger
dans le labyrinthe tortueux des ronces.
On
dégageait les crustacés prisonniers et on replongeait la tête qui
pouvait resservir une dizaine de fois.
À
chaque pêche, on pouvait retirer un seau entier d’écrevisses, que l’on
laissait bien entendu jeûner, afin de les préparer et de s’en régaler".
Dans
les années 1890, les annotains furent stupéfaits de constater qu’avant
la sortie du moulin communal, au bout de la basse rue, il n’y avait
plus d’eau dans la Beïte.
La
dernière "laune" de la Beïte et le trou noir du gouffre
Après
avoir remonté le lit du torrent, ils constatèrent que quelques cent
mètres sous le pont du Bourdoun, un rocher avait basculé et laissait un
trou caverneux, dans lequel s’engouffraient les eaux supérieures.
Ils
pensèrent que ce trou se remplirait et que les eaux reprendraient leur
cours, mais voilà, les jours passèrent et l’eau s’engouffrait toujours
dans cette cavité sans fin.
Un
annotain, le conseiller de l’arrondissement, Monsieur Ernest Autran, a
tenté quelques années plus tard de teinter les eaux, pour pouvoir
définir où elles ressortiraient. Toutes les communes des environs
avaient à l’époque été averties, au cas où, d’une fontaine ou d’un
ruisseau, surgiraient des eaux verdâtres.
Malheureusement,
ces recherches n’ayant pas de caractère officiel, les informations
collectées n’ont pas été conservées et nous ignorons aujourd’hui le
résultat de cette expérience.
Vous pouvez encore à ce jour remonter le lit de la Beïte et constater
que derrière un rocher, l’eau s’engouffre et se perd.

Le
lit asséché de la Beïte sur l’avant de la photo
Il
n’est qu’au printemps, à la fonte des neiges, par un gros orage ou des
pluies diluviennes, que le trou déborde et que l’eau ruisselle plus
bas, occasionnant la plupart du temps des inondations au niveau de la
basse-rue et remplissant de nombreuses caves et magasins du
rez-de-chaussée.
En
dehors de ces cas épisodiques, le quota d’eau de la Beïte dans le
village d’Annot n’est que la sur-verse du canal communal de la Vaïre.
Ce
petit mystère rentre dans la liste des questions que je me pose depuis
cinquante ans et que nous devrions tous nous formuler aujourd’hui et
entre autres, l’origine et la datation véritables des abris-sous-roche
et l’existence ou non de cavités et souterrains de l’époque médiévale,
notamment templière*.
Cela
fait presque un demi-siècle maintenant que je me démène pour répondre à
ces questions, parfois avec maladresse, parfois avec bonheur, mais
toujours avec probité et j’essaie depuis d’alerter les autorités
officielles… mais je me sens parfois bien seul.
*C’est
dans le domaine des souterrains éventuels que l’on rencontre le plus de
scepticisme et je reconnais que certaines légendes favorisent le doute !
Mais
dans le domaine des découvertes, souvenons-nous qu’avant de prouver que
la terre était ronde, tous les savants et l’Église elle-même
affirmaient qu’elle était plate !
Jean-Louis
Damon
