ASSOCIATION pour la DÉFENSE du PATRIMOINE COMMUNAL du pays d'Annot (04240)





La grosse lessive la "la bugado"

La bugado était une institution laborieuse et festive à la fois et se faisait deux fois par an.

Elle était destinée au linge blanc, souvent en lin.

Il fallait compter deux journées complètes (travail et séchage).

Un grand "tinèu", ou cuvier à lessive, fermé par un robinet, était amené sur un pré. Les torchons, grossièrement savonnés, étaient déposés au fond de la cuve puis venaient ensuite les draps mouillés, savonnés eux-aussi et enfin les taies d’oreillers et le linge de corps.

Après quoi, un drap de lin, était posé sur le linge : le "gros fleurier".

Il recevait les cendres tamisées de chêne qui, étendues de manière égale sur au moins 20cm, étaient recouvertes par un deuxième drap de lin, appelé "le petit fleurier".

Ces deux draps étaient tendus sur le bord de la cuve. Il fallait dès lors "couler la lessive" !

Proche du cuvier, un fourneau rempli d’eau était allumé.

Dès qu’elle bouillait, on vidait des seaux d’eau par-dessus le "petit fleurier" afin qu’il en soit recouvert. L’odeur piquante typique de potasse chaude se dégageait alors !

L’heure était venue de casser la croûte et de boire un coup…

Résonnait alors, le chant provençal "Tanto Jano"! Pour voir les paroles  

Après le repas, le robinet du cuvier ouvert, les seaux recueillaient ce précieux lessif, qui, remis à bouillir, était à nouveau versé dans la cuve et ainsi de suite…

Il fallait à la fin, laisser s’écouler le lessif et sortir le linge à l’aide de grosses pinces en bois puis une fois chargé sur un charreton, il était porté au canal pour être rincé et enfin étendu sur l’herbe où il séchait.

Là, la "magie" de la rosée du soir appelée le "serein" ferait son œuvre de blanchiment !

Dessin : Camille Damon, avec les remerciements de la mairie de Braux

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