La
grosse lessive la "la bugado"
La
bugado était une institution laborieuse et festive à la fois et se
faisait deux fois par an.
Elle
était destinée au linge blanc, souvent en lin.
Il
fallait compter deux journées complètes (travail et séchage).
Un
grand "tinèu", ou cuvier à lessive, fermé par un robinet, était amené
sur un pré. Les torchons, grossièrement savonnés, étaient déposés au
fond de la cuve puis venaient ensuite les draps mouillés, savonnés
eux-aussi et enfin les taies d’oreillers et le linge de corps.
Après
quoi, un drap de lin, était posé sur le linge : le "gros fleurier".
Il
recevait les cendres tamisées de chêne qui, étendues de manière égale
sur au moins 20cm, étaient recouvertes par un deuxième drap de lin,
appelé "le petit fleurier".
Ces
deux draps étaient tendus sur le bord de la cuve. Il fallait dès lors
"couler la lessive" !
Proche
du cuvier, un fourneau rempli d’eau était allumé.
Dès
qu’elle bouillait, on vidait des seaux d’eau par-dessus le "petit
fleurier" afin qu’il en soit recouvert. L’odeur piquante typique de
potasse chaude se dégageait alors !
L’heure
était venue de casser la croûte et de boire un coup…
Résonnait
alors, le chant provençal "Tanto Jano"! Pour voir les paroles 
Après
le repas, le robinet du cuvier ouvert, les seaux recueillaient ce
précieux lessif, qui, remis à bouillir, était à nouveau versé dans la
cuve et ainsi de suite…
Il
fallait à la fin, laisser s’écouler le lessif et sortir le linge à
l’aide de grosses pinces en bois puis une fois chargé sur un charreton,
il était porté au canal pour être rincé et enfin étendu sur l’herbe où
il séchait.
Là,
la "magie" de la rosée du soir appelée le "serein" ferait son œuvre de
blanchiment !

Dessin :
Camille Damon, avec les remerciements de la mairie de Braux
