ASSOCIATION pour la DÉFENSE du PATRIMOINE COMMUNAL du pays d'Annot (04240)



L’ermitage de Vers-la-Ville

Vu sa proximité avec la chapelle, ce bâtiment doit dater du haut moyen-âge et devait être la première maison curiale. Il abrite un antique abri-sous-roche.

Des vestiges des fondations attestent que cet édifice fut plus important qu’à ce jour. À dater du 12ème siècle, lors de la construction de l’église Saint Pons dans la vallée, l’ermitage abrita les moines de l’Abbaye Saint Victor de Marseille, qui avaient hérité du vaste domaine de Sigumanna en 1042.

Un siècle plus tard, les Templiers, les nouveaux maîtres, occupèrent les lieux. L’ordre fut dissous, le 22 mars 1312. Les moines de l’Abbaye Saint Pons de Nice héritèrent alors de ces biens.

À la fin du 17ème siècle, ils vendirent à la communauté d’Annot les droits ancestraux d’impositions, qu’ils avaient sur les quartiers de Vers-la-Ville et Vérimande.

C’est le 10 mars 1690 que le Prieur Don Célébrino, agissant en son nom et celui de tous les moines de l’abbaye, afferme à perpétuité à la communauté d’Annot, tous ses droits précités, moyennant une pension annuelle de 24 livres.

Acte reçu par J-M Bonnet, notaire. Ont signé : Don Célébrino, Père Joseph Peyre, Père Jacques Millo et Antoine Roccas, greffier.

Dans le 18ème siècle, le diocèse de Glandèves créa la charge de chapelain, qui, malgré un faible bénéfice, fut surtout un titre honorifique convoité à l’époque.

Son dernier chapelain fut Monseigneur Augustin Louis de Montblanc, né à Sausses en 1757. Il fut en fin de carrière Archevêque de Tours.
Une anecdote succulente nous montre à quel point, cet ecclésiastique était fier de son titre : lorsqu’il pénétrait dans le salon du roi Louis-Philippe, le héraut annonçait solennellement : "Monseigneur de Montblanc, chapelain de Notre-Dame-de-Vers-la-Ville"! Nul ne pouvait imaginer où se trouvait cette chapelle !

Occupé ensuite par un moine solitaire, ce bâtiment fut baptisé "Ermitage" et orné d’une peinture représentant le christ en croix et les deux larrons, de mêmes crucifiés ; le décroutage de la façade vers 1950 effaça ce beau témoignage que nous retrouvons sur une ancienne photographie.

Cet "ermitage" fut cédé à un particulier courant 19ème siècle.
        
Ermitage actuel                    &                    Ermitage et sa peinture, à gauche de la chapelle, vers 1900

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