ASSOCIATION pour la DÉFENSE du PATRIMOINE COMMUNAL du pays d'Annot (04240)




La noble maison des Arcades.

Cette maison est située sur la place Notre-Dame qui est le centre festif et social d’Annot dès le 14ème siècle ; c’est là qu’on danse au son des fifres et tambourins pour les fêtes votives, religieuses et profanes.

Pour le 14 juillet 1790, l’anniversaire de la révolution s’est terminé le lendemain matin sur cette place, où les annotains dansèrent toute la nuit sans discontinue, au son des "chi-chi et des pan-pan"*; un banquet dit "impromptu", fut offert sous les arcades par Madame Rabiers du Villars et on jeta aux fenêtres, des pièces d’argent destinées aux pauvres du village, "qu’on avait appelés par la trompette…".

Cette maison fut construite début 17ème par la famille Rabiers du Villars de Châteauredon, qui y résida pendant des générations à la saison froide. À partir du mois d’avril, elle prenait ses quartiers d’été dans la grande bastide de Plan de Couromp, qui dépendait de sa seigneurie.

La famille noble partait du village de Châteauredon, près de Digne…

Déjà, sous François 1er, Balthazar de Rabiers (branche cadette) s’était allié à la famille locale "Trabaud".

Dès lors, le viguier d’Annot est un Rabiers du Villars ; en tant que tel, il est le représentant direct du Roi (justice et police) dont le titre perdurera par ses descendants jusqu’à la révolution. Il avait les charges de la juridiction criminelle, policière et administrative.

Capitaine du Roi et gardien des clefs de la ville, il était chargé d’assurer le bon ordre et la sécurité de la cité.

Au vu de la répartition des fenêtres du bâtiment et de leurs tailles, la famille demeurait au premier étage, la parentèle au second et la domesticité logeait au dernier degré.

À partir du 18ème siècle, la maison des Arcades abrite en son rez-de-chaussée la gendarmerie royale, dont la présence dure, jusqu’à la guerre de 1914, où la maréchaussée s’installe avenue du Foulon.
*Chi-chi= galoubet *Pan-pan= tambourin

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