ASSOCIATION pour la DÉFENSE du PATRIMOINE COMMUNAL du pays d'Annot (04240)





Qu’est-ce que le Néolithique ?

Vers 10 000 ans avant notre ère, un réchauffement climatique irréversible, modifie les conditions d’existence des dernières populations préhistoriques.

Celles-ci abandonnent un mode de subsistance essentiellement prédateur, telles que la chasse, la pêche et la cueillette, pour désormais s’orienter vers des activités de production : la domestication des animaux et des végétaux.

C’est le Néolithique.

Son origine se situe au Proche-Orient, dans une zone appelée "le croissant fertile" à partir de 9500 avant notre ère.

Il apparaît plus tardivement en France sur la côte méditerranéenne autour de 5500 avant notre ère.

Ce processus irréversible, qui porte les prémices du monde moderne, a apporté la sécurité alimentaire, créé des surplus, transformé la nature vivante.

Pour la première fois de son apparition, l’homme tentait de maîtriser la nature et s’en affranchissait avec comme conséquence un développement démographique sans pareil.

Son apparition est un saut évolutif considérable pour l’espèce humaine, l’une des transformations fondamentales qu’a connue l’humanité.

Le néolithique moyen et la culture chasséenne Vers 4700/4500 avant notre ère, le processus de néolithisation, débuté au Néolithique ancien, semble achevé.

La plupart des populations pratiquent majoritairement l’économie de production et sont sédentarisées.

Cette époque voit l’émergence du Chasséen ancien (en raison du site référent de Chassey en Bourgogne), culture unificatrice, qui inscrit progressivement son impact, vers le Nord.

Dans la deuxième partie de ce Néolithique moyen, à partir de 4200 avant notre ère, cette culture chasséenne est particulièrement dynamique et va diffuser son influence sur une grande partie du territoire national (circulation de matières premières, échanges).

Il s’agirait là de la première grande civilisation française.

Les productions céramiques sont très caractéristiques. Les récipients sont presque exclusivement à fonds ronds et aux parois très soigneusement polies.

Les formes sont variées montrant une grande diversité de fonctions.

Certaines sont équipées de protubérances perforées verticalement (en flûte de pan) ou horizontalement, dans le but de les suspendre dans l’habitat.

Le Chasséen méridional reste également attaché aux productions de belles lames caractéristiques, détachées par pression à l’aide d’une béquille, œuvre probablement de spécialistes.

Cette unité culturelle semble se dissoudre autour de 3500 avant notre ère dans une multiplicité de groupes régionaux.

C’est le Néolithique final.

Durant cette nouvelle période, sur le plan de l’organisation sociale économique et technique, rien ne change fondamentalement des tendances déjà amorcées auparavant : conquêtes de nouveaux espaces, biens de prestiges échangés à longues distances, comme les grandes haches polies, enceintes de plus en plus grandes…

Le véritable changement viendra à la fin de cette période, vers 2500 av. notre ère, avec l’apparition de la métallurgie du cuivre.
Gilles Loison,
archéologue retraité de l’Inrap et de l’UMR 5608 du Cnrs
ancien enseignant à l’Université Paul Valéry de Montpellier.

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