ASSOCIATION pour la DÉFENSE du PATRIMOINE COMMUNAL du pays d'Annot (04240)




Le prêtre Laurens Verdolin, supplicié place du Révélin,
Annot - le 2 octobre 1711
(d’après un scénario de jean-Louis Damon)

Le passo-carriero est en Provence un spectacle de rue qui se déplace parfois, d’un lieu à un autre et la foule le suit alors. Il peut être aussi une procession religieuse, patriotique ou sociale pour exorciser les grandes pestes.
Le passo-carriero dramatique présenté est tiré d’archives.
Il nous remémore un épisode cruel de notre histoire qui se passa à Annot au début du 18ème siècle, alors que le vieux roi Louis XIV, malade, sent sa mort approcher.
Cependant, sa justice ne sera jamais aussi cruelle.

Voici quelques extraits du passo-carriero joué à Annot par l’ADPC

(…) Le roi louis XIV exerce son règne d’une manière absolue.

La justice est exercée par des juges impitoyables.

En l’an 1711, Annot connut un événement qui créa la stupéfaction générale.

En effet, le deuxième du mois d’octobre, sur la place du Révélin, fut dressée une potence et sur l’estrade, le bourreau du Roi vint officier, donnant ainsi raison au jugement des hommes, cependant présenté comme châtiment de Dieu !

S’il arrive rarement qu’un crime soit pardonné par le Roi, un seul ne peut l’être, c’est celui de battre de la fausse monnoye.

La mort par pendaison est le verdict implacable, même pour les complices.(...)

(...) Depuis la fin du 17ème siècle, le curé d’Annot, Honoré Verdollin avait accordé sa protection à un prêtre local, Laurens Verdolin, d’une famille très pauvre qui avait cependant réussi à être ordonné prêtre. Ils n’étaient pas parents.

À cette époque, il y avait beaucoup de prêtres et pour avoir une cure, même dans un petit village, il fallait faire partie de la haute société !

À la demande du curé, l’abbé disait la messe à cinq heures du matin et bénéficiait ainsi de la maigre quête des paysans ; cela lui permettait de vivre comme un pauvre, ce qui le comblait !

Cependant, charitable, il se levait parfois le pain de la bouche pour le donner aux plus pauvres que lui !

Laurens Verdolin, en dehors de la messe quotidienne, s’enfermait chez lui et ne recevait personne (...)

(...) Annot vit sa vie en ce début du 18éme siècle. Pour arriver dans notre village, il fallait se déplacer à pied ou avec un âne, un mulet, que ce soit le chemin qui vient de Colmars ou celui qui vient de Castellane par les Escaffarels .
    
Il passe au pied de la croix romane, qui surveille l’entrée d’Annot depuis déjà quatre siècles. Aucune charrette ne pourra entrer à Annot avant 1858.

Les habitants marchaient donc pour se rendre aux nombreuses foires à l’époque(...)

(...) Mais depuis quelques temps, les voisins remarquèrent que des étrangers venaient tard le soir chez l’abbé et repartaient dans la nuit(...)

(...)En 1710, dans l’hiver, une fumée faisant craindre un début d’incendie, des voisins enfoncèrent la porte de sa maison, rue Capone.

C’est là qu’ils découvrirent une somme considérable cachée dans sa chambre.

Certains prirent tout ce qu’ils purent emporter sur eux, pendant que d’autres sortirent en hurlant "au feu".

La maréchaussée avertie, une enquête rapide conclut à de la fausse monnaie.

Un tribunal spécial condamna l’abbé à être pendu sur la place publique d’Annot !

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