ASSOCIATION
pour la DÉFENSE du
PATRIMOINE COMMUNAL du pays d'Annot
(04240)
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La
pêche à la truite, aux angilles et aux écrvices.
Dans
nos contrées, il s’agit essentiellement de truites et d’anguilles dans
la Vaïre et le Coulomp.
La
pêche à la canne, datant pourtant de l’époque néolithique, n’était pas
l’apanage de nos pères, qui lui préféraient volontiers la pêche à la
main et surtout la pêche à la fouine (foëne), "fichouiro" en provençal
gavot.
Cette
pêche se pratiquait hors du gros courant.
Après
avoir appâté le secteur de nombreux vers de fumier, le pêcheur patient,
face au soleil, ne laissant aucune ombre dans l’eau, attendait,
impassible, sur la rive, "la fouine" en mains, les bras levés ; dès que
la truite apparaissait, il plongeait d’un geste leste son arme et
transperçait le poisson.

Cette
pratique a été interdite au 20ème
siècle et les pêcheurs, pour échapper au garde-pêche, emportaient une
canne de roseau pour donner le change, sans changer aucunement leur
technique.
Les truites, étaient consommées fraîches toute l’année, mais il n’était
pas rare qu’elles soient vidées, salées et conservées à la cave dans un
sac de chanvre.
Il
en était de même pour les anguilles.
Deux pêcheurs d’Annot, dont l’un s’appelait M. Féraud, fournissaient
les deux grands hôtels GRACet PHILIP de l’époque, début 20ème
.
Il
n’était pas question que les truites servies dans ces deux grands
établissement fussent mutilées par "la fouine".
Donc,
ces deux pêcheurs furent les premiers à adopter la canne pour honorer
leur fonction de fournisseurs de truites des deux « palaces ». Il faut
dire que les clients, commandant la veille leur menu, il était demandé
aux pêcheurs, un nombre précis de prises pour le lendemain.
D’après
les archives orales, cela se chiffrait souvent par douzaines !
La
grande recette locale était la truite farcie à la sauce d’amande, cuite
au four !
C’est ainsi qu’à partir de 1930, on vit disparaître
"la fouine" au profit de la canne à pêche.

Un
grand mets pour nos ancêtres
Nos
pères tiraient pitances de tous nos cours d’eau, même de la modeste
Beïte qui procurait des écrevisses encore fin 19ème siècle.
Chaque
famille possédait un trou d’eau ou "lono" dans ce torrent sans
prétention, mais qui pouvait à la fonte des neiges ou lors d’un gros
orage, inonder une partie du pays.
Ce trou devait être de profondeur suffisante pour que l’eau soit calme
au fond (parfois un mètre).
On
avait laissé faisander au soleil, pendant au moins dix jours, une tête
de mouton attachée par les cornes, entortillée de ronces de manière
distendue.
Le
jour venu, il n’y avait plus qu’à plonger cette tête dans le trou d’eau
et attendre plusieurs jours avant de la retirer et de dégager les
écrevisses venues se repaître de cette viande corrompue et qui ne
pouvaient se libérer des ronces.
L’opération
pouvait se renouveler une douzaine de fois ! Après un jeûne, on se
régalait de ces crustacés.
Nul
ne peut trouver d’explication logique à propos de la disparition de ces
écrevisses, la vallée de la Beïte, inhabitée, étant, sans pollution
apparente !
