ASSOCIATION
pour la DÉFENSE du
PATRIMOINE COMMUNAL du pays d'Annot
(04240)
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Table
ronde à Annot.
Nous
allons donc aujourd’hui aborder la cuisine de notre petite région, pas
forcément de toute la Provence.
La
cuisine du Pays d’Annot est un terme générique qui englobe beaucoup
plus que le territoire de la commune, car elle reprend les traditions
culinaires de toutes les vallées de l’ancienne viguerie d’Annot qui
allait de Peiresc à Saint Pierre et du lac de Lignin à Vergons et qui
montait jadis jusqu’à Guillaumes, avant le rattachement de Nice et
Savoie à la France.
De
plus, elle débordait largement au nord de cette entité, puisque nous en
avons des réminiscences quasiment jusqu’à Colmars.
Ce
qui a centré cette cuisine sur Annot fut la présence de quelques
auteurs et poètes de la Vaïre qui en ont beaucoup parlé et surtout
écrit.
Mon
but est de vous exposer un travail de collecte d’historien, car je
fouille depuis quarante ans les placards et les tiroirs de nos mères et
pères, mais également les archives écrites qui m’ont permis de
retrouver certains plats totalement oubliés depuis de nombreuses
décennies et parfois des siècles.
Il
faut savoir qu’en matière de cuisine, nos anciens et anciennes
délivraient leur savoir de la manière la plus prosaïque et que les
passages de savoir se faisaient de manière orale, car rares étaient
ceux qui possédaient l’écriture jusqu’à la fin du 19ème
siècle.
Quand
il y a de rares écrits, c’est toujours les ingrédients, mais jamais les
quantités et donc jamais de véritables recettes.
C’est
peut-être la raison de l’originalité de notre cuisine, car elle fait
appel à l’imagination de chacun, depuis plusieurs générations pour y
rajouter son grain de sel, sans faire de jeu de mots.
Bien entendu, on sera tous d’accord que toutes les sauces peuvent être
baptisées provençales avec un peu d’ail ou de l’huile d’olive.
Cette
cuisine locale, au départ, très pauvre, nous la pensons atteindre des
raffinements à partir du 18ème siècle, avec
notamment les raioles de courges à la sauce de noix, par exemple.
C’est
faux, ce n’était qu’une façon, à l’origine, de faire des raviolis au
maigre, car la religion nous interdisait la viande à certaines périodes
; il faut aussi comprendre qu’il était plus économique d’utiliser de la
courge comme farce que d’acheter de la viande ; quant à la sauce de
noix, c’était une façon parmi tant d’autres d’utiliser nos produits
locaux qu’on avait sous la main !
La
tomate nous vient des Amériques et n’arrive pas dans nos jardins avant
le 18ème
et de toutes façons, les anciennes variétés de tomates étaient bien
trop tardives pour mûrir à Annot, alors que dire de Beauvezer ou
Colmars.
Cela
dit, la tomate et la pomme de terre ont depuis le 19ème
rattrapé le temps perdu et on ne pourrait aujourd’hui s’en passer, même
dans les traditions locales.
Une grande partie des traditions culinaires tourne autour de la pâte,
je parle des pâtes à la main et il faut se garder de les attribuer
uniquement à l’Italie.
Il
faut aussi savoir que nos voisins immédiats, les Piémontais, dont une
grande partie ont la même culture occitane que nous, ont aussi une
cuisine cousine de la nôtre.
Les pâtes n’étaient pas toujours faites de farine blanche de froment,
mais souvent en mélange avec de la farine grise (sarrasin ou orge).
Quand
c’était du blé, c’était de la farine d’épeautre, un blé dur qui a
tendance à revenir depuis une décennie.
Une
constante demeure, c’est l’absence d’oeuf dans sa composition, jusqu’au
début du 20ème
siècle ; cela dit, je comprends qu’un oeuf par kilo renforce la tenue
de la pâte, mais au delà, elle devient trop ferme au goût.
J’emploie
ce mot "défi", volontairement, car, arrêtez-moi si je me trompe, qui
aujourd’hui propose des raviolis de courge à la sauce de noix à la
clientèle ?
Pourtant
je suis certain que cela comblerait les voeux de ceux qui connaissent
déjà et remplierait la curiosité et le palais de ceux qui ignorent
cette recette.
Pourtant
qu’y a-t-il de compliqué dans cette recette ?
Si
vous le voulez bien, après avoir fait rapidement le tour de quelques
possibilités de recettes à connotation locale, on peut, en fin de cet
exposé parler de la faisabilité et des petites astuces pour mettre
facilement au menu où au moins en carte, quelques recettes qui feront
de vous les représentants de notre culture locale culinaire et
permettront de vous démarquer par rapport aux autres régions.
Nous
n’aborderons qu’un petit nombre de recettes, à cause de la difficulté
de trouver sur le marché, soit les produits indispensables à leur
fabrication, soit les produits fabriqués eux-mêmes par des
professionnels.
A
ce propos, c’est encore le serpent qui se mord la queue : les
professionnels reprochant aux restaurateurs d’ignorer leurs produits
finis et ces derniers prétextant de ne pas les trouver suffisamment
pour pouvoir les travailler.
Cette
question revient souvent au niveau des producteurs agricoles qui
n’osent pas se lancer dans de nouvelles cultures ou élevages, sans
obligation de succès.
Soyons
certains que ce genre de problème ne pourra se résoudre à coups sûrs
qu’autour d’une table avec tous les professionnels des branches
diverses.
Deux
mots aussi pour dire qu’il ne faut pas parler non plus de religion de
la cuisine locale et que l’évolution et la technicité nous fait
envisager une grande liberté au niveau de l’adaptation des vieilles
recettes ; cela concerne la propre imagination de chacun, de
l’inspiration et de sa sensibilité.
J-L
D
