Étude
d’un abri-sous-roche imposant
A
vant le 12ème siècle, le village entier d’Anoth
se trouvait sur les flancs de la montagne au quartier des Espaluns,
autour de l’église de Vers-la-Ville !
La
situation physique de cette église nous est suggérée par une bulle du
Pape Innocent II au 11ème siècle : "la ville
d’Anoth est située à Vers-la-Ville qui est tout à la fois son centre
politique et spirituel. Son église en est le centre "…
Or,
l’église de Vers-la-Ville côtoie cet abri, centre politique de
Sigumanna (tous les villages aux alentours).
Hermérencus
d’Anoth régna sur ce territoire jusqu’en 1042, nannée où il légua son
fief à l’abbaye Saint Victor de Marseille…
Les
vestiges de cet abri nous assurent de la taille du bâtiment d’origine :
dix mètres de large sur quinze de haut.
Quatre
étages avec galetas. De loin, le plus grand abri-sous-roche local. Il
s’agit donc d’un bâtiment fastueux, sans doute le logis seigneurial…
La
gouttière, isolant le bâtiment de la pluie, nous renseigne sur le
niveau de sa toiture.
Les
divers étages sont également certifiés par les nombreux opes ou boulins
(trous de poutres) taillés pour recevoir les solives de châtaignier (on
en dénote plus de quatre-vingts dans le bâtiment).
1/ Le galetas, pour
la préservation des grains, farines et produits secs, renferme de
nombreux chats pour chasser les rongeurs (essentiellement les loirs)
ainsi que de nombreux répulsifs, lavande, ricin et menthe poivrée.
Enfin, cet espace abrite le pigeonnier qui fournit dans toute maison,
même la plus humble, une nourriture carnée des plus riches. Il s’orne à
sa sortie de façade, de carreaux vernissés de terre cuite qui
interdisent à tout rongeur d’y pénétrer.
2/ Le
rez-de-chaussée pour les écuries et les cuisines. Au-dessus, l’étage
des domestiques. Des meurtrières permettent aux archers la défense du
bâtiment.
3/ Le seigneur et
sa famille occupent le second niveau muni de grandes ouvertures.
Une photographie de
1902 permet de deviner la présence du
mur qui obstruait l’excavation de cet ancien abri-sous-roche et dont
seule la
façade manquait à l’époque.
ous
ces abris semi- trogiodytiques, soit pius d'une centaine sur Annot,
formant chacun comme un hameau, sont disséminés sur une importante
surface. Iis nous iaissent deviner une tribu, forte de cinq à six cents
personnes, ce qui est énorme pour i'époque.
Pour
en savoir plus sur les
raisons d’une telle donation 